Catégorie : Journal de bord

Vers les origines du village de Deschênes à Gatineau

Les débuts de l’occupation du canton de Hull

Mes recherches se sont prouvées fructueuses et riches cette semaine. J’ai d’abord vu au développement du canton de Hull et à l’attribution des terres dans le système de Leader & Associates au début du XIXe siècle. J’ai appris énormément sur les débuts du canton de Hull et sur la vision coloniale de Philemon Wright, le leader du canton et un homme ayant été un révolutionnaire originaire du Massachusetts lors de la guerre de l’Indépendance américaine .

Philemon Wright établit ses entreprises coloniales à la chute des Chaudières en 1800. Il a la vision d’une colonie autosuffisante à une distance navigable des grands centres du Bas-Canada. Le développement agricole est la première préoccupation de Philemon Wright. Il  développe les premières industries qui assurent l’autonomie de la jeune colonie. Il implante à sa façon le modèle de développement du système colonial américain sur l’Outaouais. Il n’est pas seul dans cette entreprise coloniale. Il amène plusieurs colons et il recrute des ouvriers pour défricher et construire les bâtiments de sa nouvelle colonie. Il encourage l’établissement de grandes fermes le long de l’Ottawa. L’industrie du bois est une activité secondaire dans la nouvelle colonie de Wright. Cette activité occupe les ouvriers en hiver et les garde dans la région pendant cette lente saison froide.

L’histoire des débuts du canton de Hull permet de comprendre l’ampleur de l’octroi des terres en Outaouais. Le système des associates alloue des lots de 200 à 100 acres selon certaines conditions d’achat à ceux qui veulent établir et exploiter une grande ferme. Les premiers à obtenir ces privilèges sont les membres de la famille s’associant à Wright. En 1826, les travaux de construction du canal Rideau attirent un très grand nombre d’immigrants irlandais. Dans le canton de Hull, plusieurs des Irlandais protestants choisissent de démarrer leurs entreprises le long du premier et deuxième rang menant vers le nouveau village d’Aylmer.

En échange des titres de propriété, l’associate doit développer ses terres et en exploiter les ressources naturelles. C’est le moyen de conserver ses droits de propriété et son enregistrement des biens fonciers. Il n’est pas tenu de faire lui-même tous les durs travaux, il peut engager les ouvriers s’il en a les moyens. C’est de ce processus qu’est né le village de Deschênes sur le lot 15 du rang un dans le canton de Hull.

Mystères révélés dans le fond P154 Conroy

Le processus d’acquisition des terres aux pieds des rapides de Deschênes se trouve dans les registres des droits fonciers du fond Conroy. Ces registres renseignent entre autre sur cette famille influente de la région. Les techniques développées par les généalogistes d’origine britannique m’ont permise d’explorer le système d’enregistrement foncier pour retracer l’historique des lots. Les généalogistes anglophones utilisent beaucoup les registres fonciers pour construire les arbres généalogiques. Ils n’ont pas le privilège des registres paroissiaux pour effectuer leurs recherches.

De ces connaissances, il m’est maintenant possible de lire les cartes du canton de Hull. Il est aussi plus simple de dépouiller les archives contenues dans le fond Conroy qui racontent l’histoire de cette famille d’Aylmer. Le fond P 154 Conroy détient plusieurs des originaux des enregistrement fonciers sur ce lot. Ces enregistrements nous permettent aussi de suivre l’évolution du lot 15 où se développe le village de Deschênes.

Vers les origines du village des Deschênes

L’historique du lot 15 du rang un dans le canton de Hull est clairement exposé dans le fond P154 de la famille Conroy au centre des archives de l’Outaouais. Il contient une longue série de titres de propriété sur le lot 15. Il est possible d’y relever des faits sur l’historique du lot. Il permet de valider que la moitié du village de Deschênes est sur les lots de la famille Conroy.

Une partie du lot 15 offre l’accès aux terres menant aux rapides de Deschênes. Les rapides sont sur des terres de clergé selon la carte présentée à la page 346 de l’article de Bruce Elliot. Les titres du lot reviennent à James McConnell qui est un grand fermier d’origine irlandaise et de religion protestante. James McConnell est bien établi dans la région. Ces titres sont officiellement enregistrés sur le plan du canton de Hull. James McConnell y développe une scierie selon les témoignages de Charles Symmes. L’autre propriétaire est Ithamar Day, un marchand de fourrure pour la Compagnie du Nord Ouest et un révolutionnaire américain aussi bien établi dans la région. Ses titres ne sont pas écrits sur la carte du canton selon les références consultées.

Le fond révèle que Charles Symmes, le fondateur du village d’Aylmer et le neveu de Philemon Wright, témoigne des avoirs de James McConnell dans la cause litigieuse entre Ithamar Day et Mary McConnell, la fille et une des héritières des terres de son père. Le litige concerne les titres de propriété sur le lot 15. Charles Symmes favorise McConnell en spécifiant les intérêts, les avoirs et le montant de cinq shillings (un dollar aujourd’hui) payé pour les terres.  Il confirme ainsi les titres de propriété de Mary McConnell aux rapides de Deschênes.

L’emplacement du lot a aussi des avantages géographiques intéressants. Les rapides sont suivis de la partie est du lac Deschênes sur la rivière des Outaouais. Il faut rappeler qu’en 1831, le bateau vapeur est utilisé sur le lac Deschênes. Ainsi, l’extrémité sud du lot 15 conduit aux derniers rapides d’une longue série de portages. Il est aussi l’aboutissement d’un sentier de portage partant de la chute Chaudière à Hull. Ce sentier devient aussi la première route difficilement carrossable pour atteindre la voie navigable vers l’ouest sur l’Outaouais. L’intérêt pour la navigation sur l’Outaouais diminue qu’en 1848.

Les ruines de la centrale hydroélectrique aux rapides de Deschênes, Québec vers 2010

Source : Collection Lisa Mibach

Village aux pieds du Lac Deschênes

Source :  Collection Lisa Mibach

Le calme du lac Deschênes sur la rivière des Outaouais

Source : Collection Lisa Mibach

L’essor du village d’Aylmer

À l’ouest du lac Deschênes, il y a le Symmes Landind, des services de bateau vapeur et les hôtels à l’extrémité ouest du rang un. Charles Symmes y achète 200 acres sur les rives ayant une vue prenante sur l’Outaouais supérieure. En 1821, Symmes fonde le premier village du canton de Hull qu’il nomme Aylmer en l’honneur du Gouverneur général du Bas-Canada. Il forme aussi une compagnie de transport avec différents partenaires locaux pour financer l’achat du Lady Colborne, le premier bateau vapeur à naviguer sur l’Outaouais supérieure. « Symmes’ Landing devient bientôt un point de départ pour l’approvisionnement des postes de la compagnie de la Baie d’Hudson en Outaouais »(CRAO, Charles Symmes). Symmes fait aussi construire des hôtels pour les voyageurs.

Robert Conroy, ce patriarche d’origine irlandaise et de religion protestante opère le premier hôtel d’Aylmer appartenant à Charles Symmes. Robert Conroy construit plus tard son luxueux Hotel British qui devient rapidement un lieu très fréquenté des voyageurs vers l’ouest. Robert Conroy marie Mary McConnell, l’héritière du lot 15 sur le rang un du Canton de Hull. Il hérite ainsi des Deschenes Mills et de la scierie du beau-père. Il est à se demander si Charles Symmes a aussi tout intérêt à ne pas voir se développer la navigation à partir des rapides de Deschênes à quelques kilomètres en amont du Symmes Landing.

L’énigme du poste de traite

Le litige sur les droits de propriété de Mary Conroy, née McConnell nous mène à Ithamar Day à la mort de James McConnell. C’est lors du passage des titres de propriété que le lot 15 est partagé en deux. Il y a dès lors le lot 15 a) et le lot 15 b)  séparés par la rue Principale de Deschênes (aujourd’hui le chemin Vanier). Ithamar Day cherche à garantir ses droits de propriété. Une carte démontre l’emplacement des deux nouveaux lots. Il obtient gain de cause comme le témoigne les titres des propriétés et le plan de lot 15.

Le titre de propriété d’Ithamar Day révèle aussi une autre histoire intéressante en elle-même. Ce personnage nous pousse d’abord à vouloir connaître davantage le propriétaire peu connu du lot 15 b). Dans le texte de Hanson Guard, Pionners of Upper Ottawa écrit en 1905, nous apprenons que Day est un marchand de fourrure pour la Compagnie du Nord-Ouest. Il est aussi le père de Charles Dewey Day, juge à la cour supérieure du Bas-Canada.  La concession de Day, père, est aussi signée par le Gouverneur Gosford et Charles Dewey Day. L’Encyclopédie biographique du Canada nous renseigne ensuite que le gouverneur Gosford et le juge Charles Dewey Day entretiennent certains liens. Charles Dewey Day est aussi étroitement lié à la rébellion de 1837-1838 et au jugement de la pendaison des patriotes.

Ithamar Day vient qu’à repartir dans l’ouest. Il me reste à voir à son rôle dans la traite des fourrures dans Deschênes. Je sais qu’il fait construire un poste de traite et un magasin général, mais pour le reste, c’est toujours nébuleux. Il y a même certains indices qu’il est le responsable du développement de la scierie. Il y a une référence à un bâtiment Day & McGillivray aux rapides Deschênes en 1831 dans le livre de Bruce Elliot « Nepean, « The City Beyond». La vocation de ce bâtiment n’est toujours pas connu. Nous savons toutefois que Day prend régulièrement son canot et il va voir son partenaire de l’autre côté du lac Deschênes à Nepean. Il faut aussi ajouter que les terres de Day sont celles où se construisent les premières habitations , les premiers commerces, l’église et l’école du village de Deschênes.

Village de Deschênes en 1927

Photographie aérienne du village de Deschênes, 3 juin 1927, Photo no 30, Crown Copyright, NAPL, photo HA277-77, Fonds du secteur territoire de la Ville d’Aylmer-Urbanisme, Ville de Gatineau  A012

Cette image offre une vue sur la rue principale de Deschênes en 1927. Cette rue traverse le village jusqu’aux rapides. Il est à remarquer que les installations industrielles sont sur la partie est du village sur les anciennes terres de James McConnell. Les commerces et les habitations sont sur le quadrilatère à l’ouest de la rue principale sur le lot 15 b), anciennement les terres de Ithamar Day. 

Ainsi commence une autre quête pour retracer les intérêts de Day sur le lot 15 b). Bruce Elliot m’a aussi mise sur une piste intéressante au sujet de la traite des fourrures sur les lots des environs. Il y a aussi beaucoup de témoignages de la présence des autochtones autour du village jusqu’à la Deuxième guerre. Il est mention de leur présence dans les rôles d’évaluation de 1917. La traite de fourrures mérite alors notre attention. Il y a des recherches plus approfondies dans les ouvrages de Michael Newton de la Commission de la capitale nationale à Ottawa (CCN). Cette piste est très intéressante à explorer. Je souhaite que le temps me permettra d’aller y jeter un coup d’oeil.

Les héritières

En ce qui a trait à James McConnell, le Fond Conroy nous explique l’appropriation des titres de propriété par l’héritière Mary Conroy. Elle hérite des rapides, de la scierie et de l’inventaire du bois scié de son père. Deschênes connaît alors une courte croissance de population entre 1820-1830. Nul ne sait pourquoi cette activité est freinée. Hanson Guard soulève aussi cette question lors de son passage à Deschênes vers 1905. Il explique que nul des premiers habitants ne sont présents pour témoigner du premier essor industriel aux rapides de Deschênes. Cependant, le développement industriel croit rapidement avec les entreprises de Robert H et William Conroy près des rapides à la fin du XIXe siècle.

Ce sont aussi les actes notariés qui me permettent de mieux saisir l’histoire industrielle du village. Ces actes permettent de voir aux différentes installations dans le village au XIXe siècle et au début du XXe. L’affaire de la faillite des frères Robert Hughes et William Conroy contribue d’ailleurs à faire l’inventaire de leurs titres et de leurs entreprises à Deschênes en 1901. J’ai réussi à trouver des cartes qui me permettent d’ailleurs à délimiter le R&W Homestead et les lots du village de Deschênes.

Il demeure que Mary Conroy, née McConnell est responsable du maintient des titres sur la propriété du lot 15 du rang un à la mort de son mari. Elle voit à assurer la prospérité et à garantir les biens fonciers de la famille.  Ce qui m’amène à la plus belle trouvaille qui est le rôle de toutes les femmes Conroy dans les entreprises et le maintien du patrimoine familial .

Ces femmes sont au coeur des affaires familiales. Elles garantissent les droits de propriété quand les entreprises sont troubles. Il faut dire que les grands barons du bois connaissent des hauts et des bas dans l’industrie. Les femmes Conroy assument aussi les risques financiers dans les aventures en hydroélectricités des frères Robert Hugues et William Conroy. Les femmes Conroy deviennent alors les principales actionnaires dans les entreprises de leurs frères. Ces entreprises viennent qu’à prendre plusieurs noms tels que la Deschenes Electric Company, la Capital Power Company et la Hull Electric Company. Ainsi, les femmes Conroy assurent une certaine pérennité des entreprises et des propriétés familiales. Je n’ai toujours pas trouvé de traces des Conroy et leur implication dans la Pontiac & Pacific Railway( PPR), la Canadian Pacific Railway (CPR) et la Hull Electric Railway(HER). Il est important de suivre aussi cette piste, car  c’est sur le lot 15 a) que s’installe la gare, la première jonction de la PPR et le garage de wagons de tramway de la HER.

Le garage à wagon de la Hull Electric Railway au début du XXe siècle. 

Droits d’utilisation et d’auteur inconnu. 

Le garage de wagon de tramway de HER permet de situer le voisin de face de la maison sur le homestead du lot 15 à l’entrée de la rue Principale de Deschênes vers 1900. L’image numérisée m’a été remise par une amie. Je cherche présentement les droits d’utilisation pour cette photographie. 

Les rôles d’évaluation fonciers du village de Deschênes

Il me reste à voir aux rôles d’évaluation fonciers du village de Deschênes aux archives de la ville de Gatineau. Ils sont peu nombreux, mais maintenant, je suis prête à les interpréter. Ces rôles d’évaluation sont une source primaire importante. Les données offrent un bel éclairage sur la composition de la population du village et sur les différentes entreprises qui s’y trouvent.

Je souhaite de voir comment s’est développé le village sur les terres de McConnell et de Day. Les rôles d’évaluation me permettent aussi de voir à ce qui advient des terres de Day et qui portent plus tard le nom de village de Deschênes bien avant son incorporation en 1923.  Ainsi, je serai prête à lire les minutes qui amènent le village à s’incorporer à cette même date. Ces textes sont tous en anglais m’a expliqué monsieur Raymond Ouimet que je rencontre fréquemment au centre des archives de l’Outaouais.

Roland Tremblay et un inconnu sur le lot 15b dans le village de Deschênes vers 1930.

Source : Josée Paquin, Photo de la famille Miville-Deschênes et Tremblay de Deschênes, Québec

Les mystères de la maison sur le Homestead du lot 15 a)

La seule déception réside dans mes recherches sur la maison du Homestead que j’ai faites à la dernière session. La maison demeure un flou historique, car elle n’est pas sur les terres Conroy selon les sources consultées aux archives. Cette maison conserve trop bien ses secrets. Le registre des biens fonciers me réfère à cette propriété sur le lot 15 a) du rang un à South Hull en 1901.

Il demeure que la maison sur le homestead est sur le lot 15 b) en face du garage de wagon de la Hull Electric Railway. Elle est sur le côté ouest de la rue Principale (maintenant Chemin Vanier). C’est le garage qui se trouve en face sur le homestead R&W Conroy’s. Le village est alors connu sous le nom de Deschenes Mills. Les mystères de Day pourraient-ils révéler ceux du lot 15 b) et ceux des titres de propriété de la maison sur le homestead à la porte d’entrée du village de Deschênes ?

À partir des plans de la ville, la maison est alors sur le mauvais côté du chemin Vanier. Elle n’appartient pas à R & W Conroy selon les traces dans le fond Conroy. Est-elle plutôt la maison sur le homestead de Ithamar Day ? Il est certain qu’elle n’est pas sur les anciennes terres du clergé. La maison de style western qui paraît dans les prises de vue aérienne du village en 1928 nous amène aussi à vouloir percer les mystères derrière la maison sur le homestead du lot 15 b) sur la rue principale de Deschênes (chemin Vanier aujourd’hui). Sur cette photo, il est possible de voir face au garage de wagon à tramway, la maison sur le homestead sur le lot 15 b). Sa voisine de droite maintenant disparue est d’une style farwest aussi présent sur d’autres habitations dans le village de Deschênes.

Le registre foncier du Québec me pointe vers cette maison sur le lot 15 a). Elle m’en cause des problèmes cette maison. Il demeure qu’elle permet de pousser l’enquête davantage, et cette maison contribue à enrichir la quête du patrimoine sur le parcours que je souhaite réaliser. J’ai relevé des faits très intéressants, mais plus on en apprend à son sujet, plus la maison du Homestead sur le lot 15 pose problème. Elle a même tendance à paraître et à disparaître sur les différents plans du village.

Photographie aérienne du village de Deschênes, 21 mai 1928
Photographie aérienne du village de Deschênes, 21 mai 1928

La maison sur le homestead du lot 15b) lors des inondations à Deschênes en 1928

Photographie aérienne du village de Deschênes, 21 mai 1928
Photo no 33, Crown Copyright, NAPL, photo HA30-26
Fonds du Secteur territoire de la ville d’Aylmer -Urbanisme
Ville de Gatineau
A012

Sur la photographie, la maison sur le homestead est isolée du village de Deschênes avec le débordement du ruisseau juste à sa gauche en 1928. 


Vue de derrière de la maison sur le homestead durant les rénovations en 2010-2011

Source : Collection de Lisa Mibach

Il a été impossible d’obtenir une copie des documents brochés sur la maison du homestead lors des travaux de rénovation. Le présent propriétaire a aussi refusé tout accès à sa propriété lors des rénovations en 2010-2011. La maison rénovée est présentement à vendre. Elle a une valeur marchande de 750 000$ sur la marché immobilier présentement. La maison n’est pas dans l’inventaire du patrimoine de la Ville de Gatineau. Elle n’y a alors aucune garantie que cette maison fasse partie de l’inventaire des biens immobiliers de la ville malgré qu’elle a été construite depuis au moins 1878. Ces documents disparus seraient-ils les titres de la propriété pouvant nous référer au propriétaire original de la maison ?

La suite de la quête de la maison sur le Homestead R & W Conroy

Il demeure qu’en voulant connaître l’origine de la maison sur le Homestead, l’enquête s’approfondit sur les entreprises Conroy à Deschênes. Mon amie Lisa Mibach a pris contact avec des gens intéressés aux origines et au patrimoine industriel de Deschênes. Ils l’ont référé vers des sources intéressantes au Musée canadien des sciences et technologies à Ottawa. Il s’y trouve de l’information sur les premières industries à Deschênes.

Au souhait que je puisse trouver plus d’information sur la Capital Power Company, la Hull Electric Company, la Deschênes Electric Company et la Hull Electric Railway à leur bibliothèque. J’ai cependant un plan intéressant de la turbine utilisée dans la centrale hydroélectrique des frères Conroy. Elle provient de la Suède et plusieurs compagnies aident les Conroy à distribuer l’électricité vers le premier moulin de pâte et papier EB Eddy à Hull. Le fond Conroy contient même une des premières feuilles de papier produite chez EB Eddy Mills à Hull.

Il y a alors lieu de croire à une grande innovation technologique pour l’époque. Ces entreprises hydroélectriques opèrent à Deschênes pendant la première partie du XXe siècle. Elle fournit aussi l’électricité pour le réseau de tramway de la Hull Electric Company. Les opérations les plus remarquables sur les plans de Deschênes sont celles de la CPR et de la Capital Power Company en 1907. Cette compagnie hydroélectrique distribue de l’électricité à différentes grandes entreprises de la région dès 1895. Je ne connais pas encore l’ampleur des ressources disponibles au musée des sciences et technologies, mais Lisa enquête présentement à ce sujet pour moi. Il s’agit ici de se documenter davantage sur les opérations industrielles et ferroviaires sur le lot 15 a).

Il  s’y trouve aussi peut-être des informations au sujet de la batteuse-moissonneuse innovatrice de R & W Conroy dont le prototype a été construit et essayé avec succès à Deschênes. Cette invention brevetée a beaucoup d’influence dans le développement du chemin de fer sur la rive nord de l’Outaouais à l’ouest de Hull. Une chance, j’ai obtenu les droits d’utilisation d’une photographie de cette moissonneuse à Deschênes.

Ainsi, les mystères de la maison sur le Homestead continuent à me faire explorer un fond riche qui me permet de mieux connaître  le village de Deschênes et l’histoire du développement industriel du canton de Hull au XIXe siècle.

La quête de support visuel

Cette recherche est tellement stimulante, car les péripéties sont nombreuses et riches d’histoire. Elle me permet de développer une expertise dans l’histoire du 19e et du début du 20e siècle en Outaouais. J’achève l’exploration du Fond Conroy. J’ai toutes les photocopies nécessaires pour revenir sur les faits. J’ai aussi toute la liste des notaires ayant traité les affaires McConnell et Conroy. J’ai les droits d’utilisation des photographies des Conroy et de quelques activités sur le lot 15.

Les photographies révèlent très peu des entreprises Conroy à Deschênes. En fait, c’est ce qui me reste vraiment à trouver pour illustrer le parcours du patrimoine que j’entrevois pour cette activité pratique. Je communique avec l’Association du patrimoine d’Aylmer, car j’ai des images dans certains documents, mais je ne connais pas leur source et leurs droits d’utilisation. Il y a cependant une image que je veux vraiment qui est la photographie de Robert H Conroy devant sa centrale électrique aux rapides de Deschênes. Il se trouve aussi sur cette photographie une cinquantaine d’ouvriers de différents groupes d’âge. L’association du patrimoine d’Aylmer en a version en grand format dans son hall d’entrée. J’en suis à voir à l’obtention les droits d’utilisation.

Mon cheminement de recherche

Alors, mon cheminement semble aller bon train. Les aspects que j’ai prévus pour le parcours du patrimoine se solidifient. Il me reste quelques données à trouver, mais elles ne m’empêchent pas de progresser dans ma démarche. Mon plan commence à prendre forme de façon concrète. La richesse de l’information m’épate. Il ne reste qu’à la circonscrire.

Mon cheminement dans la production Web pour les élèves et la diffusion de l’histoire

Enfin, je change de sujet quelques minutes. Je participe à une recherche en évaluation des apprentissages. J’ai appris à développer des grilles de consignation des apprentissages.  À mes collègues qui travaillent sur des SAE, je vous suggère de travailler sur l’évaluation des apprentissages avant d’élaborer vos projets. De cette façon, il est plus simple de voir à vos attentes et aux contenus d’apprentissage. Il est plus simple alors de voir aux ressources nécessaires pour la réalisation d’un projet en histoire.

Dans mon cas, je suis partie des opérations intellectuelles pour définir mes critères d’observation et d’évaluation. Voici les résultats de ma grille d’évaluation (Lien externe) que vous pouvez consulter en ligne sur HEC Économie et développement (Lien externe).  Si vous avez des questions, c’est avec plaisir que je vous répondrai. J’ai trouvé cette grille fort intéressante pour évaluer le processus et les apprentissages en histoire, même après la correction de plus de 150 travaux ! Elle permet de voir aux forces et aux défis à surmonter dans l’apprentissage à interpréter l’histoire à partir de sources variées choisies par l’élève.

Les médias et la production du projet de session

Sur ce, j’explore beaucoup Google Sites pour intégrer les TIC en classe d’histoire. C’est avec cette plateforme que j’ai décidé de développer le parcours du patrimoine dans le cadre de cette activité pratique. Je prends de l’expérience et je teste avec les élèves mes réalisations au fur et à mesure qu’elles se construisent… Ainsi, je me familiarise avec cet outil, car il me permet de développer le Web. Sa convivialité me permet d’apprendre à créer et à gérer sur le Web, et ce, malgré mon peu de connaissance technique dans le domaine. J’en reconnais les limites, mais sa convivialité me permet de réaliser des productions Web.

Bonne semaine…

La quête pour les sources primaires

Le travail dans les archives m’apprend  énormément sur le peuplement des cantons. J’apprends à lire les actes notariés et les rôles d’évaluation fonciers dernièrement. Je suis tellement enthousiaste de l’histoire qui se révèle dans ces documents de sources primaires. Ils expliquent entre autre le mode d’accès à la propriété des femmes et leur rôle dans le maintien du patrimoine familial. Ils posent aussi problème sur la complexité des transactions des entrepreneurs sur leurs biens fonciers. Il y a aussi tellement de sujets qui s’expliquent avec ces sources. Mon enquête a même surpris monsieur Bruce Elliot quand je lui ai révélé quelques faits trouvés sur le développement des scieries à Deschênes avant 1857.

De ces démarches, je procède à la production de l’histoire avec des traces de notre patrimoine. J’organise mes sources primaires, mes images numérisées et mon contenu sur Google Site. Il est en quelque sorte le brouillon de mon plan et de mon travail. Je me prépare ainsi à créer et à organiser mon site Web. Google Site est un  outil qui me permet d’avoir au même endroit mes nombreux documents. J’utilise déjà cet outil pour placer le contenu de mes cours pour mes élèves. L’avantage de Google Site réside dans la facilité d’accès à nos ressources de n’importe quel endroit où il est possible d’accéder à son compte Gmail. Je ne le partage pas tant et aussi longtemps que je n’ai pas obtenu tous les droits d’utilisation sur les images que j’utilise.

J’ai aussi eu une belle rencontre avec une résidente de Deschênes en fin de semaine. Elle m’a partagée longuement sur des anecdotes qui se racontent sur l’histoire de Deschênes. Elle a aussi pris le temps de m’identifier des résidences qui occupaient autrefois des commerces dans Deschênes : le cordonnier, la mercerie, le bureau de poste… Elle m’a laissé une copie de son acte notarié. Il se révèle que sa maison est aussi construite sur le homestead R & W Conroy à Deschênes. Sa maison est aussi construite sur les terrains de l’ancienne usine de Nickel qui a employé jusqu’à deux miles ouvriers au début du 20e siècle.L’acte notarié de la famille Rivet-Robinson est une piste de solution permettant d’élargir ma compréhension des réalités du développement du Homestead R & W Conroy au début du 20e siècle.

Au centre régional des archives de l’Outaouais, Marc, l’archiviste de la BAnQ est une personne ressource qui m’aide à mieux saisir les éléments contenus dans les actes notariés. Il a cette connaissance de la terminologie et ce flair pour dénicher les informations dont j’ai besoin. Il me questionne sur des éléments importants à retenir dans ma quête. Je suis soulagée , car je suis sur la bonne piste.  Il y a encore les titres de la maison du Homestead qui demeurent à préciser et j’ai la chance que Marc  me donne un coup de main avec mon enquête dans les actes notariés provenant du village et à trouver les numéros des lots sur l’ensemble du territoire de l’ancien homestead.

La semaine passée, l’histoire de Deschênes se percevait trop grande pour mon travail pratique et trop vaste pour encadrer mon travail d’essai de la session prochaine. Ma visite aux archives aujourd’hui et les liens qui s’établissent ont contribué à faire grandement avancer ma démarche de recherche. Je n’ai pas eu le temps de poursuivre mon enquête du fond Conroy et des dossiers pour voir à caractériser la maison du Homestead à la porte d’entrée du village de Deschênes. J’ai cependant la chance de travailler tout près du centre des archives de l’Outaouais. Mon horaire me laisse aussi le temps d’y retourner quelques fois encore au courant de la semaine. Les liens qui se tissent autour du développement de ce parcours sont aussi pour moi extraordinaires. Il se démontre un grand esprit de collaboration pour dénicher cette histoire méconnue.

Les belles découvertes que j’ai faites cette semaine ne font que confirmer mes choix. Ainsi, le parcours du patrimoine vise à mettre en valeur ces ressources que j’ai dénichées pour laisser la personne qui s’y intéresse le temps de faire sa propre enquête pour reconstruire l’histoire du village de Deschênes à partir de son patrimoine. Ce parcours du patrimoine cherche à partager cet esprit d’enquête pour apprendre l’histoire. Dans le cadre de cette activité pratique, je veux placer en ligne des éléments du patrimoine relatant le contexte du village dans lequel s’établit mon arrière-grand-père Tremblay au début du 20e siècle et à imaginer le quotidien de ma grand-mère maternelle à Deschênes.

Je vous permets enfin de vous faire une image du lieu de cette histoire. Je vous offre ici une vue aérienne du village en 1927.  Au centre de la photo,  la porte d’entrée du village qui me donne tant de problème à caractériser est située près du garage de wagons de tramway près des voies ferrées. L’usine de nickel est encore perceptible près de la rivière des Outaouais. En arrière-plan vous pouvez voir à l’horizon les villes de Hull et d’Ottawa. L’usine est détruite pas longtemps après la prise de cette photo.

J’ai obtenu mes premiers droits d’utilisation de quatre vues aériennes différentes aujourd’hui de la ville de Gatineau. Je peux les utiliser dans un but éducatif sur l’histoire de Deschênes et de suivre les conditions d’utilisation. Vous pouvez ainsi commencer à imaginer le lieu de ce parcours du patrimoine en devenir.

Voici alors une première image à insérer dans mon parcours du patrimoine :

Photographie aérienne du village de Deschênes, 3 juin 1927

Photographie aérienne du village de Deschênes, 3 juin 1927
Photo no 30, Crown copyright, NAPL, photo HA 277-77
Fonds du Secteur territoire de la Ville d’Aylmer – Urbanisme
Ville de Gatineau
A012

L’usage du Web pour faire avancer la recherche en histoire

Il y a déjà quelques mois que je travaille sur l’histoire du village de Deschênes à Gatineau. Ce village renferme plusieurs histoires inédites et peu développées par l’historiographie québécoise. Je suis aussi très heureuse d’avoir commencé à développer mon projet d’essai final un an avant que le travail soit dû. J’éprouve plusieurs difficultés à trouver les sources primaires nécessaires pour obtenir une nébuleuse image du passé de ce petit village hors du commun dans l’histoire du Québec. Ces recherches donnent un sens au terme historia signifiant enquête en grec. Chaque concept ou les questions que je cherche à explorer m’amènent d’aventure en aventure.

L’histoire de Deschênes m’a amenée à fouiller les archives en Outaouais pour faire l ‘analyse d’un plan d’assurance-incendie Goad et la maison sur le Homestead de R & W Conroy. Ces deux enquêtes m’ont beaucoup appris sur la rigueur et la méthode en histoire. J’ai utilisé les sources primaires et j’ai reconnu leurs valeurs dans l’interprétation de l’histoire. Ces analyses ont aussi laissé place à vouloir enquêter davantage l’histoire de Deschênes, car plusieurs questions sont laissées en suspend.

Présentement, le questionnement se centre surtout sur le peuplement des cantons en Outaouais, sur le rôle des grands propriétaires terriens dans le développement économique au 19e siècle et sur le début des villes en région. Ce questionnement semble banal au premier abord, mais il est rapidement remarqué que l’historiographie québécoise n’en révèle que quelques fragments ici et là de ces histoires surtout lorsque le sujet se situe en dehors de la zone seigneuriale et des Cantons-de-l’Est. Cette histoire est aussi intimement liée à celle du Haut-Canada et le lieu qui se dispute le nom de la nouvelle capitale de la province du Canada et du nouveau pays, Ottawa. Il demeure aussi que je n’ai absolument rien trouvé sur le développement des homesteads au Québec et leur rôle dans l’établissement des premières municipalités dans les cantons.

Ce silence dans nos livres d’histoire et dans les revues spécialisées m’a amené à communiquer avec les experts en histoire de l’Outaouais. J’ai compris que j’étais peu familière avec le développement des cantons et que cette lacune ne me permet pas de regarder les bonnes pistes d’enquête. Je commençais à désespérer, car il ne m’était pas possible de poursuivre mon enquête et surtout la recentrer le sujet de ma recherche. Je voulais aussi me préparer à mon enquête dans les archives du fond Conroy. Je voulais surtout savoir ce que je devais chercher et préciser dans mon enquête.

J’ai d’abord soulevé mon questionnement initial sur le réseau social « Twitter ». Vicky Lapointe, ancienne étudiante à Sherbrooke et responsable du blogue Histoire, patrimoine et multimédia  m’a suggéré de consulter Google Book. J’espère qu’elle lise ces lignes afin qu’elle sache que j’ai trouvé une belle mine d’or. Je suis maintenant en mesure d’écrire quelques paragraphes à ce sujet sur le site Web que je suis à concevoir. Quelle richesse que d’avoir des sources numérisées si accessibles, malgré mes réticences éthiques à utiliser ces ressources. Il y a toujours des luttes sur les droits d’auteur avec cette ressources et étant moi-même auteure, je suis préoccupée par la numérisation des livres. Il demeure que je me sens privilégiée par ce sentiment de se savoir épauler de loin et de près avec les technologies de la communication.

Dans ma démarche, j’ai aussi pris contact avec des historiens locaux. J’ai d’abord communiqué avec mon tuteur, monsieur Léon Robichaud. Il m’a suggéré des ressources qui m’éclairent sur le sujet. J’attends aussi mon rendez-vous avec Monsieur Richard Bégin qui est très familier avec l’histoire de la famille Conroy d’Aylmer. Cette famille est propriétaire du homestead sur lequel s’est développé le village.

J’ai aussi partagé mes préoccupations dans un courriel à Monsieur Bruce Elliot, professeur à l’université Carleton à Ottawa. Il se spécialise en histoire de ma région. Il a écrit sur l’histoire de Nepean qui est la voisine au sud du Lac Deschênes sur l’Outaouais. Ses réponses m’ont éclairée beaucoup sur le système des leaders des cantons. Il m’a confirmé qu’en Outaouais, Philémon Wright est notre leader et le recruteur de colons. Il est le seul à détenir ce titre en Outaouais.   Il m’a reconduite à ma propre histoire régionale pour saisir le processus d’immigration au début du 19e siècle et il m’a dirigé vers des fond d’archives à consulter. J’ai de nouvelles pistes de recherche qui voient évoluer ce travail.

Il me reste à mettre la main sur la revue Histoire sociale/Social History pour trouver les articles qu’il m’a recommandé. Monsieur Elliot m’a surtout mise sur des pistes d’investigation très intéressante pour garder un œil attentif dans mon retour dans la recherche du Fond Conroy. J’en suis à trouver les traces très intéressantes sur le développement des cantons en Outaouais. Il est dommage que les articles de cette revue ne soit pas disponible dans notre bibliothèque. Je devrai me rendre à l’université d’Ottawa pour en obtenir des copies.

Je peux alors dire que cette semaine, mon enquête ne cesse de surprendre et de soulever l’attention des gens intéressés à l’histoire de ma région et au patrimoine. Il est aussi rare que l’on traite de l’histoire des colonisateurs sous son angle du développement des homestead au Québec. La seule référence en Outaouais est le Homestead de Philémon Wright à Hull qu’il qualifie dans son journal personnel. Je suis à lire ce journal pour mieux saisir les enjeux et caractériser le développement dans les cantons en Outaouais.

L’intrigue est poussée plus loin par les irrégularités dans les transactions des biens fonciers qui rendent aussi la tâche du chercheur ardue surtout si ses connaissances sur la distribution des terres aux colonisateurs britanniques demeurent nébuleuses. L’intérêt réside aussi par toute cette grande histoire qui se révèle par des sources primaires. Elles nous amènent à l’intérieur du milieu de vie des habitants des communautés qui se développent au 19e siècle. Elle me transporte aussi dans cette petite communauté qui s’identifie toujours à Deschênes malgré les fusions de 1976 et de 2001.

Bonne continuation…

L’usage du blogue et la production d’une exposition virtuelle sur l’histoire de l’ancien village de Deschênes

Je suis en ce moment à préciser le sujet de mon travail de session pour mon cours « activité pratique » en histoire sur l’ancien village de Deschênes. Je souhaite créer un parcours du patrimoine pour faire d’abord connaître le Homestead des frères Conroy et ensuite, l’usine de Nickel de Deschênes. L’exploration de ces deux aspects du village comporte plusieurs histoires inusitées sur le Québec. J’ai retenu l’idée d’une exposition virtuelle pour créer ce parcours du patrimoine. Il vise surtout à faire valoir l’unicité de l’histoire de cet ancien village maintenant intégrer à la ville de Gatineau. Ce village habité par les ouvriers passe maintenant souvent inaperçu dans le paysage urbain. Il maintient pourtant plusieurs traces de son passé qui révèlent souvent des aspects peu attirants pour la population ne connaissant pas son histoire. Il préserve ainsi les traces dans son patrimoine bâti et naturel. Les maisons allumettes et les anciens chalets bordant les environs du lac et des rapides Deschênes sur la rivière des Outaouais attirent aussi peu le regard des passants sur la piste cyclable liant Gatineau et à Ottawa. Il demeure que plusieurs cyclistes s’arrêtent pour regarder les ruines de l’ancienne centrale hydroélectrique près des rapides. Ces ruines nous rappellent pourtant brièvement le passé industriel des lieux.

Le village de Deschênes attire aussi peu l’attention des historiens et des associations du patrimoine de la région, car les habitants n’ont pas la stature des « grands personnages » retenus dans l’histoire de l’Outaouais. De plus, le bâti reflète surtout le milieu populaire où les lieux de travail ont progressivement disparu du paysage. Les ouvrages sur l’histoire de la région négligent aussi grandement l’apport de Deschênes sur le passé économique, social et culturel en Outaouais. Le peu d’intérêt pour le village a toutefois joué un rôle d’importance dans la conservation de son patrimoine. Plusieurs bâtiments relatant les débuts de Deschênes sont toujours présents dans le secteur. Il y a eu peu de développement résidentiel substantiel depuis une cinquantaine d’années pour transformer le visage de cet ancien village. Deschênes nous offre alors un environnement privilégié où le patrimoine retient des histoires qui ne se définissent que par ces choses anciennes.

L’intention du parcours est de mettre en valeur le patrimoine bâti et naturel par des sources primaires. L’idée est de concevoir un lieu d’enquête pour en révéler la richesse du passé de ce village ouvrier et industriel au début du 20e siècle. Cette enquête en histoire nous transportera vers le développement industriel, hydroélectrique et ferroviaire au Québec. L’enquête à partir du patrimoine de Deschênes nous amène vers des hommes et des femmes exceptionnels qui ont bâti et qui ont vu évoluer la région.

La création de ce parcours du patrimoine m’amène alors à faire ma propre enquête pour trouver les sources primaires qui révèlent la richesse des traces du passé toujours présentes dans l’ancien village de Deschênes. J’explore le fond Conroy la semaine prochaine. Ainsi, la mise en valeur des sources primaires trouvées dans les archives de la région ne peut que révéler des pans intéressants de notre histoire. N’étant qu’à l’étape préliminaire de ma recherche, il se perçoit cependant plusieurs contraintes à la mise en œuvre de ce projet. Il se révèle peu de connaissances sur les lieux de travail des premiers colonisateurs anglophones en Outaouais. Il est aussi difficile de voir ces acteurs dans leur milieu de travail et de connaître leur rôle dans le développement économique de la région. Les études sur le phénomène de l’urbanité dans les régions et les villages ouvriers sont aussi que très parcellaires au Québec. Il s’agit alors de voir à caractériser un village qui ne dépend pas d’une industrie unique à l’image de plusieurs villages industriels se développant à la même époque. Il est loin aussi de la notion du village rural québécois.

Ainsi, ce blogue conduit à faire connaître un objet de recherche inusité en histoire du Québec. Il se veut alors un lieu pour suivre ou pour participer à l’évolution de cette recherche en histoire. Le blogue devient ainsi un outil intéressant pour voir à l’évolution de cette recherche d’autant plus, qu’il s’avère un outil indispensable très intéressant pour la supervision de mes travaux en cours produit à distance. Le blogue est aussi utile pour faire connaître l’objet de cette recherche qui touche des aspects peu connus de l’histoire du Québec. Les personnes s’y intéressant peuvent laisser leurs commentaires afin de faire évoluer la recherche en histoire.

Enfin, le parcours du patrimoine est aussi le début de la création d’une exposition virtuelle du village de Deschênes relatant son histoire entre 1900 et 1940. Ainsi, l’exposition met en valeur les caractéristiques qui attirent les migrants vers le village au début du 20e siècle et les facteurs qui les amènent à s’y établir. J’explore alors les possibilités du Web pour mettre en œuvre cette activité. Je songe sérieusement à Google Sites qui est un outil de développement Web convivial et simple. Cependant il comporte certaines limites qui seront traitées davantage lorsque mon choix sera arrêté. Je regarde aussi à l’installation de Omerka sur mon Mac. Ce n’est pas par un simple clic qu’apparaissent les outils pour travailler avec ce logiciel sur Mac. Cependant, le logiciel gratuit semble aussi à mon avis très intéressant pour ce genre de production virtuelle. Alors, je vois ainsi à l’explorer davantage pour d’abord le faire fonctionner et pour ensuite l’analyser selon les besoins qui se soulèvent dans cette production. Je regarde aussi plusieurs blogues depuis une semaine pour voir à présenter le patrimoine par des expositions virtuelles. Alors, continuons à explorer des logiciels afin de choisir l’outil de communication convivial pour cette personne détenant peu de connaissances en programmation et qui pousse aussi vers une recherche en histoire qui mène à une enquête sur le passé de ce village méconnu.

L’histoire, l’apprentissage et le blogue

L’histoire est une discipline de la pensée. Elle s’imagine et elle se ressent. Au fil de mon expérience, l’histoire et le patrimoine sont devenus des points de rencontre afin de permettre à mes élèves de revivre dans leur imaginaire le passé. C’est aussi au fil de cette expérience qu’il m’est devenu important de poursuivre mes études et de développer mes propres compétences d’historienne. Ce blogue devient alors pour moi un point de convergence de mon cheminement dans la discipline et de mon expérience dans la diffusion de l’histoire.

Ce blogue présente trois pages distinctes qui permettent de suivre ce cheminement d’apprentissage que j’ai entrepris il y a déjà quatre ans. Il présente l’amorce de mon sujet d’essai Parcours de découverte du patrimoine à partir de l’histoire de la famille Tremblay de Deschênes pendant la première moitié du XXe siècle sur la page Patrimoine d’un village. Cette page vous présente l’ancien village ouvrier et industriel de Deschênes qui fait maintenant partie de la ville de Gatineau. Je reprendrai alors en partie les travaux entrepris dans mon cours Méthodologie et recherche en histoire la session dernière. L’objectif vise surtout à monter un parcours du patrimoine qui éventuellement, s’intègrera à une situation d’apprentissage et d’évaluation en histoire en quatrième secondaire.

Le Journal de bord est le point de réflexion sur mes propres apprentissages en histoire. Il est aussi le lieu qui me permet de pousser plus loin mes acquis et mes péripéties pendant la réalisation de ce beau projet. C’est ici que les lecteurs et les lectrices peuvent connaître davantage les arrière-pensées qui m’ont amenée vers mes différentes productions et le développement du présent travail de session.

La page Pédagogie est l’endroit pour voir comment mes apprentissages se transposent en salle de classe. Je construis des sites Web pour mes élèves et j’utilise les TIC en classe. C’est alors sur cette page que vous vous familiarisez avec les sous-entendus derrière ces productions. J’y placerai différents projets que je vis et que j’aie vécu avec mes élèves. Il se trouve aussi des productions Web réalisées pour ou avec les élèves.

Enfin, pour ceux et celles qui me connaissent, ils savent que j’ai de la difficulté à me tenir qu’à un seul projet. J’ai alors trouvé l’endroit où se s’associent mes intérêts et mes passions pour l’histoire, le patrimoine et l’éducation. Il en advient que je partage ainsi la croyance que l’histoire est plus qu’une gymnastique de la pensée. Il est permis de croire qu’elle peut se revivre dans l’imaginaire, faire réfléchir et émouvoir en suivant les traces de son patrimoine. Il se reconnaît dès lors que la petite histoire soulève des questions qui nous rapportent à la grande histoire. Cette histoire près de chez nous est alors un lieu qui amène l’élève à vouloir comprendre davantage ce qui se réalise et qui se vit en  classe d’histoire au secondaire.